Palmarès 2020 du festival COVID19

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Palmarès 2020 du festival COVID19

En raison de la situation sanitaire, le festival de Cannes 2020 a été annulé et remplacé par le Festival Covid 19. Le Jury du festival tient à préciser que contrairement à la mode nouvelle de ne plus reconnaitre une paire de couilles, il a maintenu la distinction entre un acteur et une actrice pour l’attribution des prix.

COVID D’OR : « Nous sommes en guerre » d’Emmanuel Macron. La scène finale des 400 000 morts sur leurs lits de réanimation n’est pas sans rappeler « Autant en emporte le vent » et les milliers de sudistes agonisants dans les hôpitaux d’Atlanta. Combien de figurants parmi ces 400 000 morts ? La production n’a pas souhaité répondre.

MEILLEUR ACTEUR : Didier Raoult dans « Le clan des marseillais ». Avec son look de druide Panoravid détenteur du secret de fabrication de la potion magique hydroxychloroquine, ce chef de bande se bat contre toutes les adversités : la bande des parisiens, la bande du conseil scientifique, la bande du conseil de l’ordre… Ses interviews font exploser l’audimat.

MEILLEURE ACTRICE : Brigitte Macron dans « J’ai épousé une ombre ». L’histoire d’un couple amoureux dont le mari est submergé par une série de crises aussi graves qu’imprévisibles. Et peu à peu, le couple se délite. Heureusement, l’arrivée inespérée d’un vaccin américain finit par liquider le Covid 19. Coup de théâtre final : dans la région du Grand Est de la France, apparaissent alors les premiers cas de Covid 21.

MEILLEUR ACTEUR DANS UN ECOND ROLE : Jérôme Salomon dans « La minute nécessaire de monsieur Covidpède ». Quotidiennement le directeur général de la santé égrène le nombre d’hospitalisations et de décès dus au Covid-19. On ne s’en lasse pas. Etonnant non ?  

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND ROLE : Roselyne Bachelot dans « La reine est nue ». Cette actrice révélée par la gabegie de masques et de vaccins contre la grippe H1N1 s’était pourtant promise qu’on ne l’y reprendrait plus. La revoilà en ministre de la culture. Hélas, privée de salles de spectacle, de cinémas, de libraires, d’acteurs, de chanteurs et d’artistes de tout acabit, elle ronge son frein pandémique.

MEILLEUR ESPOIR MASCULIN : Jean-François Delfraissy dans « Calife à la place du calife ». Cet obscur immunologiste, parachuté Président du conseil scientifique Covid19, voit sa carrière prendre un nouveau tournant avec la dictature sanitaire. Et ça lui monte à la tête : il déclare la situation critique, annonce des décisions difficiles, voit la sortie du tunnel… et le Président de la république n’a plus qu’à répéter sa parole d’or.

MEILLEUR ESPOIR FEMININ : Alice Coffin dans « Tant qu’il y aura des hommes ». Cette   sociétaire EELV de la troupe municipale de Paris, qui a fait de la haine des hommes sa marque de fabrique, crève l’écran lorsqu’elle se réjouit que la majorité des morts de la Covid soient des hommes. Elle n’a pas fini de faire parler d’elle.

MEILLEURE REALISATION : « Petite reine » de Anne Hidalgo. Profiter de la crise sanitaire pour mettre en place 50 kilomètres de coronapistes cyclables temporaires dans la capitale est déjà un exploit. Mais les pérenniser en prétextant qu’il y a vraiment beaucoup beaucoup d’usagers relève du coup de force. Chapeau la maire !

MEILLEUR SCENARIO ORIGINAL : « Le petit commerçant » de Bruno Le Maire. Jugé non essentiel son commerce est fermé, son chiffre d’affaires s’écroule et les aides promises par l’Etat n’arriveront jamais. Finalement, il met le feu à sa librairie et périt dans l’incendie. Un drame poignant.

MEILLEUR PEMIER FILM : « Attestation dérogatoire » de Gérald Darmanin. Histoire pathétique de ce SDF qui ne trouve pas de case à cocher dans sa dérogation. Verbalisation après verbalisation, récidive après récidive, il termine en prison mais, éternel optimiste, il se réjouit d’avoir pu enfin trouver un domicile fixe.

MEILEUR COURT METRAGE : « Il était une fois dans l’Ehpad » de Gabriel Attal. Triste file d’attente des familles venues visiter leurs vieux masqués, avec une distanciation asociale de 4 mètres, sur rendez-vous, pendant 30 minutes maximum. Le porte-parole du gouvernement aurait voulu réaliser un long métrage, mais l’extinction de tous ses acteurs les uns après les autres pendant le tournage ne l’a pas permis.

MEILLEURE MUSIQUE : Dalida pour « La goualante du pauvre soignant ». Après les policiers, c’est le tour des soignants. Tous les soirs, les français sortent sur leurs balcons pour applaudir nos soignants héroïques au son d’une chanson des années 70 dont les paroles étaient prémonitoires : « Laissez-moi danser. Je vis comme si j'étais en vacances, je vis comme si j'étais éternelle, comme si les nouvelles étaient sans problèmes ». Laissons-la danser, ça durera pas.

MEILLEUR SON : OMS pour « La sixième vague ». On les entend, les unes après les autres, se briser contre les remparts des gestes barrières. Une, deux, trois, quatre… l’OMS prévoit au moins 99 vagues d’ici 2050, et nous n’en sommes qu’à la seconde. Bon courage sur les plages !

MEILLEURE PHOTOGRAPHIE : Patrick Pelloux pour « Et moi, et moi, et moi ». Cet urgentiste est attiré, comme un aimant, par toutes les scènes médiatiques. L’attentat de Charlie Hebdo, il y était. La grève des urgences, il l’a menée. La pandémie Covid 19, il devait certainement en être. Bravo l’artiste !

MEILLEURS COSTUMES : Martin Hirsch pour « Au bal masqué ohé ohé ». C’est la folle farandole des tuniques, blouses et surblouses, charlottes et gants jetables, masques en bec de canard… Le Directeur général de l’APHP lance un appel aux soignants pour qu’ils respectent leurs déguisements qui effraient les entubés, réduisant d’autant la liste des volontaires à la réanimation.

MEILLEURS DECORS : Olivier Véran pour « Peur sur la Ville ». Un pupitre en plexiglas estampillé « Point presse », deux drapeaux national et européen, une grosse femme en langage des signes. Tout est fait dans la sobriété pour mieux souligner le poids des messages : le virus circule toujours, le pic est devant nous, vos grands-parents vont mourir…

MEILLEUR MONTAGE : Jean Castex pour « Psychose ». Il en fallait du talent pour susciter une perte de contact avec la réalité menant à la psychose collective sur le Covid : scandale des masques, échec du dépistage massif, flop du StopCovid, pics des morts et des contaminés, pénurie de lits de réanimation, confinement et déconfinement successifs… Un excellent montage où rien ne manque pour entretenir la peur.

MEILLEUR FILM DOCUMENTAIRE : « Ce virus qui rend fou » de Bernard-Henri Lévy. On croyait à une de ces formules provocatrices dont ce philosophe mondain a le secret. Il n’en n’est rien. Ministre après ministre, expert après expert, grand scientifique après grand scientifique, tous viennent ajouter leur grain de folie et allonger la liste sans fin des déclarations foldingues. En direct sur les plateaux.  

MEILLEUR FILM ETRANGER : « Apocalypse first » de Donald Trump. Les aventures rocambolesques de ce fils de promoteur immobilier devenu maitre du monde.  Même infecté il ne croit pas au virus, même battu il ne s’avoue pas vaincu. Du grand cinéma américain.

MEILLEUR FILM D’ANIMATION : « Voyage au bout de l’enfer » de Santé Publique France. Chaque soir, c’est avec une pointe de mépris envers les non-sachants que nous sommes que les épidémiologistes publient leurs derniers chiffres-clés. Et mes clusters tu les aimes ? Oui très. Et mon taux de positivité, tu l’aimes mon taux de positivité ? Oui énormément. Et chaque soir, les français se ruent vers leurs smartphones pour découvrir si les records de la veille ont été battus.

COVID D’HONNEUR : Donald Trump pour l’ensemble de son œuvre. Les tweets délirants de ce grand metteur en scène ont marqué toute une époque.

 

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